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L’abondance
menacée :
Le poisson ne mord presque plus,
les lacs se vident année après année. IL y a peut de temps, un
homme âgé ma montrée d’anciennes photos en noir et blanc de deux
truites grises d’environ trois pieds de long, qu’il avait prises
dans les années 40 avec un ami sur le lac Manouane. Le gars
mesure six pieds et tient à bout de bras dans chaque main, deux
magnifiques grises (nommés aussi touladis). Il a pris ces deux
grises, alors qu’il travaillait dans les chantiers en tant que
cuisinier.
Dans la revue Sentier chasse et
pêche de septembre 2006, on vantait les mérites du succès de la
réintroduction du touladi dans le lac Manouane. Premièrement,
cette étude m’a confirmé ce dont je pensais dès le début que le
lac Manouane est devenu un lac d’expérimentation et un lac
d’étudiant en biologie, choisi par le MRNF. Donc un lac
laboratoire pour l’ensemble du Québec. Je ne suis pas contre les
efforts qui sont faits pour sauver et réintroduire des espèces
et j’admire l’effort déployer par les biologistes. Après avoir
lu dans la revue le rapport de l’étude, j’ai malheureusement
constaté que les résultats étaient très timides et que rien
n’assurait la réussite du projet de la réintroduction du
touladi. Je pense dans cette étude qu’on n’a pas chercher
adéquatement aux bons endroits toutes les possibilités sur le
pourquoi du déclin du touladi.
D'abord, on s’attarde juste au cas
du touladi par ce que c’est une espèce attrayante et prisée par
les pêcheurs sportifs, donc beaucoup plus payantes pour le
gouvernement, tout en oubliant que d’autres espèces du lac sont
aussi importantes et qui demeure autant en danger que le
touladi. Le touladi au lac Manouane fraye généralement en
octobre, sur des fonds de graviers propres ou rocheux d’une
profondeur allant d’un à 45 pieds et l’incubation des œufs
fertiliser dure entre 4 et 6 semaines. Ce qui nous amène en
début décembre. Le problème est qu’on continue de baisser le lac
en décembre, alors imaginé ce qui arrive avec les œufs du
touladi.
Lorsque j’ai commencé à fréquenter
le lac Manouane vers la fin des années 70, la pêche à la grise
était excellente, j’ai eu le privilège d’en prendre quelques
belles au printemps et de bonnes tailles. À cette époque aussi,
nous prenions du beau doré. Il était très facile aussi de faire
de belle pêche durant les années 80. J’attrapais en peu de temps
mes limites et peu importe le temps de l’été et de la
température. Nous n’avions pas besoin de travailler très fort,
on était certain d’avoir un bon souper. De 1990 à 1992, nous
prenions encore nos limites, mais les dorés étaient beaucoup
plus petits et ça prenait beaucoup plus de temps pour atteindre
nos limites. Le doré mordait très peu durant les canicules de
juillet et d’août.
Quant à la grise, les pêcheurs en
prenaient moins de 1990 à 92. À partir de 1992, plus rien ne
mordait et on ne faisait plus nos limites. Les quelques très
rares dorés qu’on réussissait à prendre étaient très petits,
tellement petits qu’il fallait les remettre à l’eau. Pour ce qui
était de la truite grise, aucun pêcheur ne réussissait à n’en
prendre. Le plus drôle, mis à part les autochtones qui pêchent
au filet, la truite grise qui est considérée au Québec par la
plupart des pêcheurs sportifs comme un poisson de choix, mais
difficiles à pêcher au sud du 50e parallèle, c'est une pêche qui
demande un équipement sophistiqué et qui n’est pas à la portée
de tous les budgets. Donc, la grise est très peu pêchée au lac
Manouane. Alors, expliquer moi pourquoi aujourd’hui la grise a
presque disparu du lac Manouane si elle est très peut pêcher?
Quant au doré, la situation s’est légèrement améliorée, mais
demeure assez critique.
En 1998, la situation était
tellement critique, qu’on fait appel aux biologistes du MRNF du
Québec pour essayer de trouver et comprendre, pourquoi la pêche
avait si dramatiquement chuté sur le lac Manouane et que des
espèces de poissons qui autrefois abondant étaient en train de
disparaître. Premièrement, on a fermé complètement la pêche à la
truite grise sur le lac Manouane. On a pensé tout d’abord que
les poissons ne pouvaient remonter certaines rivières qui se
déversent dans le lac Manouane pour frayer. Alors on à dynamiter
à certains endroits sur quelques rivières du coin, des roches à
la base de certains rapides, qui croyaient ont, empêchait le
poisson de remonter les rivières pour frayer. Ensuite, on s’est
dit, que peut-être fallait-il baisser, le niveau de l’eau du lac
Manouane, étant donné que ce dernier est un lac damé par un
barrage. On pensait alors, que si on baissait le niveau du lac,
que cela allait être profitable pour restaurer les espèces de
poissons et en particulier la grise.
On nous disait que les poissons
frayaient jadis, quand le lac n’avait pas de dame et qu’il était
à son niveau normal, ainsi le fait d’être damé, aurait
possiblement causé le déclin de certaines espèces de poissons. À
mon avis, cela est totalement faux, puisque le lac avait été
damé au tour de la Seconde Guerre mondiale et de 1940 à 90, la
pêche était excellente, donc selon moi, l’hypothèse du niveau de
l’eau n’était pas valable. Il fallait donc chercher ailleurs.
Les biologistes nous ont dit qu’il
était alors nécessaire de baisser l’eau du lac pendant au moins
cinq ans, afin de refaire les stocks de poissons. Avez-vous déjà
vu, quand on baisse le lac Manouane de 10 pieds, c’est horrible
et laid à voir. Il est impossible de mettre nos embarcations à
l’eau, quand le lac est bas. Autrefois on baissait graduellement
le lac, mais seulement durant l’hiver lorsque le lac était gelé,
ce qui affectait moins les différentes espèces de poisson. Ils
prévoient de le baisser encore en début de septembre 2007 pour
une huitième année consécutive. J’ai demandé alors aux
biologistes, si le fait de baisser le lac ne servait pas plutôt
les intérêts des papetières et d’Hydro Québec le long de la
rivière St-Maurice entre Latuque et Trois-Rivières, étant donné
qu’il n’avait pas eu beaucoup de précipitation et que le niveau
de la rivière était bas. On m’a répondu que non.
Le problème c’est quand on baisse
le lac en début de septembre pour sauvé des poissons dit-on, en
particulier la truite grise, c’est qu’en trois semaines on vide
carrément le lac, ce qui à mon avis est néfaste pour la plupart
des poissons, parce que le poisson n’a pas le temps de s’adapter
à ce changement drastique, qu’on lui impose et qui affecte son
milieu et sa nourriture. On vide carrément le lac même en plein
hiver, ce qui détruit les œufs du touladi. Je pense que l’on
devrait baisser le lac graduellement jusqu’au milieu de l’hiver,
lorsque le lac serait à son plus bas, de sorte que le poisson
s’en trouverait moins affecté et aurait le temps de s’adapter à
son nouvel environnement. André Hade écrit dans son livre
« ’ NOS LACS “’ que de jouer avec le niveau d’eau d’un
lac est nuisible aux différentes espèces aquatiques qui y
vivent. Lorsque j’approche les biologistes et que je leur
pause des questions sur la situation des poissons du lac dans
leurs recherches, on refuse de me répondre, on m’ignore. On me
tourne le dos, comme si j’étais trop indiscret. Il me semble que
ça serait la moindre des choses, que l’on nous tient au courant
de ce qu’ils font sur le lac.
On ne nous a jamais demandé la
permission pour baisser le lac et on n’a jamais tenu de séance
d’information sur les raisons de leurs travaux. Tout s’est fait
en secret, comme si on était tous des nuls en biologie, à cause
qu’on ne parle pas le langage scientifique et universitaire. Il
est illogique, ridicule et complètement stupide à mon avis, de
baisser un lac pour sauver et restaurer des espèces de poissons.
Il y a quelques choses là dedans, que je ne comprenne pas.
Malgré toutes ces études bidon, on ne comprend toujours pas
pourquoi qu’il y a eût baisse de poisson. Une chose est certaine
que le fait de jouer constamment plusieurs fois par années avec
le niveau d’un lac est nuisible aux différentes espèces de
poissons.
Ce sont les contribuables
québécois qui payent grassement avec leurs taxes, des
biologistes chaque été depuis bientôt 10 ans, qui coûtent une
fortune, pour absolument rien. Je n’ai pas vu aucune différence
depuis les 10 dernières années, sur les résultats de pêche au
lac Manouane. Ce n’est ni mieux, ni pire qu’avant. La vraie
question à se poser, c’est pourquoi qu’avant 1990, la pêche
était excellente et que de 1990 à aujourd’hui la pêche est
pourrit. Je pense sans me prétendre être un expert en la
matière, qu’il y a plusieurs facteurs qui ont influencé les
différentes espèces de poissons dans le lac Manouane.
Tout d'abord, l’introduction
d’espèce non indigène de poisson dans le lac, faite
volontairement ou non, n’a certainement pas aidé aux espèces
indigènes du lac. Il y a eu de 1988 à aujourd’hui une ouverture
débridée de la villégiature au lac Manouane, par le MRNF, sans
qu’il y ait eu d’études sérieuses de fait, sur l’impact
environnemental qu’aurait un tel développement, augmentant du
même cou, le nombre de pêcheurs sur le lac. En 1992, il y a eu
l’ouverture de la nouvelle pourvoirie Kanawata qui occupe une
plage de sable naturel, lieu de prédilection à la reproduction
de plusieurs espèces de poissons, incluant la truite grise. En
suite, de 1988 à 1990 un petit groupe d’Amérindiens
narcotrafiquants et peut soucieux de la mère Terre, ont barré
complètement des rivières, comme les rivières Lortie et Sarto en
prenant à outrance des quantités faramineuses de poissons dans
leurs filets.
Ce ne sont pas tous les
Amérindiens qui font ce genre de pêche. Il y avait autrefois
dans les années 70, des Amérindiens qui pratiquaient la pêche au
filet et qui étaient très respectueux de la mère Terre et de la
ressource. Ces mêmes Amérindiens n’ont jamais mis en danger les
espèces de poissons du lac Manouane. En 1997, il y a eu
l’ouverture du chemin de la rivière aux Rats, apportant un
nombre influant et toujours croissant de villégiateurs et de
pêcheurs au lac Manouane. Il y a eu aussi depuis 1988 en
général, peut ou parfois trop de précipitation reçue, le
réchauffement de la température de l’eau et de l’air, causé par
le réchauffement global de la planète, mêler à une érosion
accentuer, causé par les coupes à blanc avec aussi des hivers
plus doux et plus courts ont contribuer à la détérioration de la
qualité de l’eau du lac Manouane. Les truites grises ainsi que
les dorés ont besoin d’endroits tranquilles pour se nourrirent
et s’y reproduisent.
Le fait que la pourvoirie Kanawata
occupe une plage naturelle de sable, qui était jadis un endroit
de prédilection pour la reproduction de plusieurs espèces de
poissons, à contribuer à la baisse de ces derniers à cause du
vas et vient sans cesse des bateaux qui font un brassage de
l’eau et aussi beaucoup de bruit. Depuis que la nouvelle
pourvoirie est construite sur la plage sablonneuse du lac
Manouane, la pêche en particulier à la grise, c’est mis à
chuter. Aujourd’hui cette plage de sable est occupée par un
immense quai qui sert plus ou moins de marinas et qui occasionne
un va-et-vient de bateaux et de plaisanciers. Ceci inclut aussi
les plages sablonneuses de la rivière et du lac Lortie qui sont
eux aussi, des endroits de prédilections de nourriture et de
reproduction de plusieurs espèces de poissons. Ces poissons
subissent l’influence directe de la villégiature débridée sur la
rivière et le lac Lortie, par la pression de pêche excessive et
la navigation à moteur.
Complètement au nord du lac
Manouane dans la baie des chiens sur la rivière Sarto, là aussi
les poissons subissent la pression de pêche excessive. Ce coin
de la rivière Sarto est un endroit de prédilection qui permet
aux poissons de s’y nourrirent. Il n’est pas normal de voir
parfois au bout de la rivière Sarto entre dix et vingt chaloupes
occuper une petite baie de 150 mètres de largeur environ, dans
un vas et vient frénétique favorisant la sur pêche et détruisant
la ressource. Il n’y a jamais eu d’étude de fait sur l’impact
environnemental qu’aurait la nouvelle pourvoirie Kanawata situer
sur la plage de sable et qui est à mon avis est l’une des
principales causes avec la villégiature débridée du déclin de la
pêche et des différentes espèces de poissons. Avec ce rapport
peut encourageant et même pessimiste, mais combien réaliste, on
se demande s’il y a des solutions à c’est divers problèmes. Oui
il y en a et voici lesquels :
1- Il est bien certain qu’on ne
peut à court et moyen terme modifier les précipitations reçues
et le réchauffement de la planète.
2- On peut contrôler les coupes à
blanc et ainsi limiter l’érosion prématurée et tempérer les
cours d’eau.
3- On peut stopper immédiatement
la villégiature débridée.
4-On devrait absolument interdire
la circulation des bateaux sur le lac Manouane de septembre à
juin, afin de permettre aux poissons de se nourrirent et de s’y
reproduisent en toute tranquillité et ainsi éviter inutilement
le brassage de l’eau et du bruit.
5-D’ouvrir la pêche autour du 24
juin au 1ere septembre.
6- De limiter la prise du doré
quotidiennement à deux poissons par jours et par personne.
7- Fermer la pêche à la truite
grise pour au moins encore dix ans.
8-Créer des sanctuaires sur le lac
Manouane ou la pêche serait totalement interdite ainsi que la
navigation par bateau afin de permettre aux différentes espèces
de poissons de si nourrirent et de se reproduisent, ceci
inclurait la rivière Sarto au bout de la baie des chiens ainsi
que la rivière et le lac Lortie.
9-Pratiquer la remise à l’eau des
plus beaux géniteurs afin favoriser la continuité pour les
générations a venir.
10- d’arrêter de jouer inutilement
avec les niveaux de l’eau qui à mon avis, est nuisible pour les
différentes espèces de poissons.
11- Maintenir le niveau du lac au
niveau qu’on lui connaît actuellement.
12- Travailler de concert avec la
population amérindienne locale, afin de trouver des solutions
équitables aux problèmes connus.
13- Les Amérindiens devraient
pêcher avec des filets à gros maillons, afin de laisser passer
les plus petits poissons.
14- De pratiquer eux aussi, la
remise à l’eau des plus gros géniteurs.
15- D’éviter de barrer des
rivières complètement avec leurs filets afin de permettre aux
poissons de remonter ces dernières pour atteindre les lieux de
reproductions et de nourriture.
Ce sont des solutions peu
coûteuses et qui peuvent d’une façon intelligente, ramener une
qualité de pêche respectable pour tous et ainsi préserver la
ressource.
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