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Des nouvelles de nous.
Juin 2008
Chers amis (es)
Nous voici
maintenant installés au lac Manawan, en pleine forêt du
Moyen-Nord québécois, sans commodité, ni facilité de la ville.
Nous avons
Sharon et moi laisser derrière nous la banlieue de Montréal et
sa vie trépidante pour habiter notre petit chalet bleu sur le
bord de la rivière Sarto.
Le déménagement
de Mascouche füt difficile, mais c’est tout de même bien
déroulé, grâce à des amis comme notre voisin Étienne, qui fût un
aide précieux pour nous.
Une partie de
nos biens essentielle à notre survie en forêt, a fait le long
trajet avec nous jusqu’au lac Manouane. Le reste, non
essentielle pour l’instant fût entreposer.
Nos quatre
chats, Snow, Shadow, Storm et une petite chatte qui fût laissée
à elle-même l’hiver dernier par ses maîtres et dont nous avons
adoptés, du nom de Taz, ont fait le voyage avec nous en forêt.
Nous avons
quitté famille et amis pour tenter quelques choses de différend,
qui sort de l’ordinaire. Une vie simplifier quoi? Nous avons
quitté tout ce beau monde, qui, sans se le cacher, demeure à la
fois fasciné, peut-être même pour certains,envieux de nous, mais
tout de même inquiets.
De nos jours, il
est tout à fait normal qu’un couple se soit acheté un condos ou
un duplex en banlieue. Mais avouer que ça demeure assez étrange
qu’au 21e siècle qu’un couple décide de tout quitter pour
retourner vivre à l’ancienne, 150 ans en arrière.
Nous, nous
sommes fixés un but. Nous essaierons de vivre en forêt sans
commodité pour un an, après on verra. Après la première année
complétée, si nous sommes satisfaits de l’expérience vécue, nous
tenterons une seconde année et ainsi de suite.
Vivre en forêt
sans commodité, n’est pas de tout repos. Il n’y a pas de place
pour le laisser-aller et les lâches. C’est un travail à temps
plein. Il faut être à la fois, plombier, électricien, mécanicien
et menuisier. Il faut aussi avoir un bon sens de l’organisation
et de planification, car le Provigo et Rona, ne sont pas à deux
coins de rue. La sécurité est de mise aussi, car l’erreur est
impardonnable, voire même fatale. Tout est calculé
minutieusement, exemple, propane, essence, etc. Donc pas de
place pour le gaspillage, car l’oublie et le gaspillage sont
dispendieux en forêt.
Dès notre
arrivée le 13 juin dernier, nous, nous sommes mis au travail
sur-le-champ, afin d’organiser notre espace vital en forêt.
Beaucoup de
travail nous attend au cours des prochaines semaines. Nous
allons défricher premièrement l’espace dont nous aurons besoin
pour y installer nos équipements et notre nouvelle maison dès
l’an prochain.
La température
ne fut pas très clémente en juin. Depuis notre arrivé, nous
avons dût composer avec beaucoup de journées de pluie. Seulement
trois jours de beau temps depuis notre arrivé ici.
La pluie,
quoique nécessaire, retarde beaucoup tous nos travaux si elle
persiste. Étant isolées en pleine forêt à plusieurs heures de la
civilisation, nous ne pouvons courir aucun risque de nous
blesser lors de l’exécution de nos menus travaux. C’est pour
cette raison que nous devons attendre que les conditions de la
météo soient bonnes.
Nous sommes à
cette période de l’année envahie par des nuées de moustiques
piqueurs, comme les mouches noires, les maringouins, les brûlots
et les mouches à chevreuil, qui nous agresse du matin au soir.
Le seul moment de répit est lorsque le mercure descend sous la
barre des 10 degrés Celcius où que le vent soit de la partie. Ce
n’est pas évident lorsque vous travaillez à l’extérieur.
L’abondance de neige l’hiver dernier et les pluies diluviennes
des dernières semaines ont favorisé la prolifération de
moustiques. Encore environ 45 à 60 jours et cette période à
rendre même un orignal fou, sera pratiquement terminé. À moins
que dame nature en décide autrement, car les moustiques
prolifèrent ou diminues selon les conditions de la météo.
Il n’y a pas que
les moustiques qui envahissent le territoire. Il y a aussi tous
ces touristes, villégiateurs, pêcheurs sportifs, qui
frénétiquement dans un vas et vient continuelle du matin au soir
fond la parade devant notre chalet, dans leurs beaux paquebots
flottants à la recherche des quelques rares dorés dans le lac.
Mais d’ici quelques jours la forêt connaîtra de nouveau un petit
répit, en attendant la deuxième vague de touriste pour la
période des vacances de la construction. Une troisième vague,
celle-là beaucoup moins importante, aura lieu en septembre avec
le congé de la fête du Travail. La quatrième et dernière vague,
aura lieu avec le congé de la fête de l’Action de grâce, en
octobre. Ensuite la forêt retrouvera sa tranquillité à notre
plus grande joie et celle des animaux. Le vaste territoire, ne
sera alors que de silence, recouvert d’un épais manteau blanc,
dans un froid mordant d’où la solitude est complice. Le
sifflement du vent glacial dans les fenêtres du chalet,
remplacera, le bruit des embarcations moteurs et des VTT.
Par contre, je
dois être honnête et avouer que depuis les deux dernières
années, il y a moins de touriste et de visiteur dans la région.
La flambée du coût de la vie et du prix de l’essence, en est je
crois, l’une des principales causes. S’il y a au moins une bonne
chose que le pétrole aura faite, c’est bien celle-là.
Biensure à
travers nos travaux, nous continuerons d’investiguer dans divers
dossiers environnementaux de la région. Nous finirons de
compléter notre petite enquête dans quelques mois. Enquête que
nous avons débutés il y a 3 ans et dont nous remettrons copie à
l’automne 2008 aux médias.
D'ailleurs,
concernant les divers dossiers environnementaux de notre petit
coin en forêt, rien n’a vraiment changé depuis nos nombreuses
plaintes auprès des autorités compétentes. Dans bien des
dossiers que nous leur avons soumis, nos élus continues dans un
langage de bois à se fermer les yeux, préfèrent la loi du
silence et de l’ignorance. Tout cela, au nom du pouvoir, de
l’argent et des intérêts économiques en exploitant à outrance la
nature. Sur le terrain, les mêmes imbéciles continuent avec joie
et peut de sousciance, leurs pillages de la nature.
Pendant que
l’industrie forestière est en panne, on continue malgré tout en
cachette à détruire la forêt à blanc dans le plus grand secret.
La nuit on peut entendre leurs machines, ronger la forêt au nord
du lac Sarto, près de notre chalet, tel un cancer.
Au nord de
Casey, à une trentaine de kilomètres d’ici, on ouvrira sous peut
une mine de Nikel, afin de compenser les pertes d’emplois, dans
l’industrie forestière. Il y a deux ans de cela, on construisait
sur la rivière St-Maurice au rapide des Cœurs, un barrage
hydro-électrique. Drôle de coïncidence avec la venue de la mine
de Nikel tout près, vous ne trouvez pas? On n’a pas invité grand
monde aux audiences publiques, car on ne s’est pas époumoné pour
le crier non plus. C’est souvent ce qui arrive et que l’on
souhaite d’ailleurs, car on aime que les salles d’audience
demeurent vides pour faire passer en douce ce genre de projet
plus facilement. D’autant plus, qu’en région éloignée ou vive
quelques ermites, trappeurs et une poignée d’indien, ça ne fait
pas grand poids dans la balance. Ils adorent d’ailleurs ce genre
de scénario planifié d’avance. Pour Hydro Québec, les dirigeants
miniers et la MRC Haute Mauricie, il n’y a pas de doute, que
c’est le scénario rêver. Pas de contestataire aux projets +
salle vide aux audiences publiques = approbation des projets sur
le champ, c’est classique.
Rapport de
Greenpeace et la pêche commerciale.
Le rapport canadien publié par Greenpeace le 17
juin 2008 sur l'avenir des aliments de la mer et la
responsabilité des supermarchés au Canada. Dans ce rapport
scientifique, Greenpeace dresse un bilan de la situation
désastreuse des océans, des stocks de poissons et fruits de mer
en déclin et de la destruction des écosystèmes marins engendrés
notamment par le développement de la pêche industrielle.
Greenpeace dévoile
également une Liste rouge de 15 espèces de poissons et fruits de
mer dont le sort est extrêmement préoccupant ou dont les
méthodes de pêches entraînent la destruction de d’autres espèces
marines. L’organisme exhorte les 8 principales chaines de
supermarchés canadiens à cesser de vendre les espèces de cette
liste rouge.
Enfin, les
résultats de ce rapport d’enquête révèlent également que plus de
60% des poissons et fruits de mer sont écoulés via les
supermarchés au Canada et qu’aucune des 8 principales chaines ne
possède de politiques d’approvisionnement durable en poissons et
fruits de mer.
Il en est de même
dans nos lacs au Québec avec la pêche sportive abusive, la
mauvaise gestion de la ressource et le manque de surveillance
ainsi qu’une réglementation efficace, faite en sorte que
plusieurs espèces de poissons d’eau douce dans nos lacs sont en
danger. La pêche abusive perpétrée par les pêcheurs sportifs et
pourvoyeurs continue. Cette année due aux pluies abondantes, le
doré jaune (espèce en voie de disparaître du lac Manouane) à
cesser de mordre à la mi-juin. L’abondance de pêcheurs sportifs
et de villégiateurs, favorise, j’en suis à présent convaincue,
la destruction des réserves de poissons dans le lac. Autrefois,
il était facile de prendre de beaux dorés et de belle taille,
peu importe, le temps de l’été. Aujourd’hui, ce n’est plus le
cas malheureusement, dût au surdéveloppement du lac. C’est ce
qu’on appelle ‘’DÉVELOPPEMENT DURABLE. Pour ma part, je n’y
crois pas, car développement = EXPLOITATION et durable = POUR
TOUJOURS. Donc, vous avez : Exploitation pour toujours.
Malgré tout ces
constats peu encourageants, il y a tout de même un point
positif. Nos plaintes concernant les camps illégaux en forêt,
ont été entendues. Le ministère des Ressources naturelles et de
la Faune (MRNF) à procéder à la destruction de ces camps,
servant le plus souvent, les braconniers et narcotrafiquants,
durant l’hiver 2008.
Maintenant juin
2008 passer et la folie du déménagement en forêt, Sharon et moi
entrevoyons à peine ce que sera notre vie en forêt et tout ce
savoir ancestral à redécouvrir et dont nos aïeux savaient si
bien maîtriser.
À bientôt, à
suivre.
Daniel Soucy
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